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Le plastique et la faune marine, la survie de l’Océan.

En 10 ans, le monde a produit plus de plastique que durant les 100 années précédentes. Nous produisons en moyenne 300 millions de tonnes de plastique par an et on estime qu’entre 8 et 12 millions de tonnes finissent dans l’Océan – l’équivalent d’un camion poubelle chaque minute.

Aujourd’hui, on estime à 300 millions de tonnes la quantité de plastiques dans les océans. Il y en aura 155 millions de tonnes supplémentaires en 2025 si rien ne change.

On remarque que 80% sont d’origine terrestre (dont 80% de matière plastique), mais également dus aux activités maritimes. En effet, les hydrocarbures, les eaux usées, le pétrole ainsi que les carcasses de bateaux sont également des éléments dangereux pour la faune et la flore marine.

Soucieux de l’environnement, Nidoo vous présente les causes et effets de la pollution marine ainsi que les solutions envisageables.

 

Le 7ème continent

 

Aujourd’hui, la pollution dans les océans est une problématique majeure qui touche tous les pays. Bien que les pays les plus responsables soient la Chine, l’Indonésie et les Philippines, l’avenir de nos océans est une problématique mondiale.

La quantité de plastiques est tel qu’en 1997, un « 7 ème continent » de déchets a été découvert lors d’une expédition. Ce continent est composé de plusieurs gyres présents dans les grands bassins océaniques du monde (Atlantique Nord et Sud, océan Indien, Pacifique Nord et Sud). L’étendu de ces gyres est immense : celui du Pacifique Nord couvre une superficie estimée à six fois celle de la France. « En 2050, si rien ne change, la masse de plastiques dans l’océan sera supérieure à celle des poissons », peut-on lire dans un rapport de la Fondation Ellen MacArthur, association britannique caritative. De plus, ces déchets sont particulièrement difficiles à ramasser. Les courants et l’érosion en ont fait des minuscules particules toxiques qui peuvent être consommées à tous les niveaux de la chaine alimentaire.

Conscients que cet amoncellement est un immense problème, le site LADbible et l’ONG Plastic Oceans Foundation ont monté une campagne médiatique pour demander que l’île de détritus soit reconnue par l’ONU comme son 196e pays membre. Al Gore, ancien vice-président américain reconverti dans la défense de l’environnement a prêté son image à la campagne. Des artistes ont imaginé un passeport et des billets comportant la devise « débris ». Les organisateurs promettent aussi un hymne national, des élections et une équipe de football.

Cette dose d’absurde est malheureusement nécessaire pour faire comprendre à la communauté internationale que l’heure est grave.

En effet, ces déchets ne sont pas dangereux uniquement pour les espèces marines, mais également pour nous êtres humains.

 

Quels déchets?

 

80% des déchets retrouvés dans l’océan sont des déchets plastiques. En 2015, la Surfrider Foundation Europe a réalisé une étude des déchets les plus présents. On y retrouve des matières plastiques, mais pas seulement. (photo déchets)

Les déchets plastiques représentent 80% de ceux présents dans l’océan. Cependant, les 20% restant sont davantage liés aux activités du commerce maritime.

Parmi ceux-ci, les bateaux de croisières déversent chaque jour 95.000 m³ d’eaux usées issues des toilettes et 5.420.000 m³ d’eaux usées issues des éviers, des cuisines et des douches.

Le danger vient aussi du ciel. En effet, ce sont 200 000 tonnes d’hydrocarbures dispersés dans les airs qui retombent dans l’océan avec la pluie.

A cela s’ajoute la centaine de navires qui, chaque année, font naufrage et sombrent au fond de la mer et dont on ne parle jamais. Leurs cargaisons finissent elles aussi par s’échapper et polluer l’eau marine.

Enfin, une des sources de pollution les plus connues sont les marées noires qui arrivent chaque année dans le monde. Celles-ci peuvent être volontaire, effectuées au cours d’un « dégazage » de la part d’un navire, ou involontaire, à la suite d’un naufrage ou d’un accident. La dernière en date s’est produite en janvier 2018 en mer de Chine. Un bateau iranien, chargé de 136 000 tonnes de condensats, a percuté un navire commercial hongkongais en mer de Chine. Les spécialistes estiment que le condensat va vite s’évaporer, cependant, les 2 000 tonnes de fioul du navire vont elles, bien rester. Les autorités chinoises et les experts redoutent les conséquences sur la biodiversité. De plus, cet événement s’est produit proche de la plus grande zone de pêche chinoise.

 

 

L’impact sur la faune marine

 

PHOTOGRAPH BY JOHN JOHNSON, ONEBREATHPHOTO.COM

 

Cette forte pollution de l’océan a un impact très négatif sur la biodiversité. Chaque année, on estime que 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins sont tués par les déchets aquatiques. Cela représente 660 espèces touchées.

  • L’ingestion

Les déchets aquatiques constituent des « leurres» pour la faune marine qui les confond avec les proies habituelles. C’est le cas par exemple de certaines tortues qui assimilent les sacs plastiques aux méduses et s’étouffent en les avalant. Une  récente étude a montré que le plastique produit désormais des odeurs qui conduisent des poissons à les ingérer volontairement.

 

  • L’enchevêtrement

La faune marine (oiseaux, poissons…) s’enchevêtre dans différents types de déchets provoquant de multiples blessures, noyades et immobilisations. Cela peut empêcher l’animal de se nourrir, de respirer ou même provoquer sa mort. Effectivement, les filets de pêche abandonnés continuent de piéger pendant plusieurs années des milliers d’animaux marins. Ce phénomène est appelé la « pêche fantôme ».

  • Transport d’espèces invasives

Les déchets flottants qui dérivent au fil des courants favorisent le transport d’espèces invasives. En effet, certains mollusques ou algues se fixent sur ces déchets pour se retrouver ensuite à des milliers de kilomètres de leur lieu d’origine. Ce phénomène perturbe les écosystèmes locaux.

  • Asphyxie des fonds marins

Effectivement, selon la Commission Européenne, ce sont 7 déchets sur 10 qui finissent par couler. L’accumulation de ces déchets forme un tapis qui provoque l’asphyxie des fonds marins. Entraînant alors une disparition progressive de la vie aquatique.

Ces causes sont désastreuses pour les écosystèmes. Aujourd’hui, de nombreuses associations mettent tout en œuvre pour protéger cet environnement menacé.

 

 

Comment agir?

 

 

Des startups se sont lancées dans la lutte de la préservation des océeans. C’est le cas de Plastic Odyssey qui promet de partir en expédition pour 3 ans autour du monde à bord d’un catamaran de 25 mètres. Les déchets seront ramassés à terre lors de chaque escale puis triés à bord. Le plastique non-recyclable sera converti en carburant pour alimenter les moteurs du navire et le navire servira d’atelier pour construire et tester de nombreuses machines open-source. L’expédition est une opportunité de se confronter aux réalités du terrain et d’adapter les solutions aux besoins locaux. Une belle aventure à suivre ici!

De nombreuses initiatives de recyclage existent. Comme celle de Precious Plastic, qui a créé une série de machines permettant de recycler facilement le plastique. Le plastique redevient un objet du quotidien. Autre avantage, les machines peuvent être conçues par n’importe qui, chez soi. En 2017, le studio Hurlu a lancé le projet Albilastik visant à transformer les déchets plastiques en objets fabriqués localement et artisanalement. Il s’inscrit dans la même démarche que celui de Koun au Maroc.

Vous pouvez aussi vous engager en participant à des journées de collecte de déchets, comme les Initiatives Océanes mises en place par la Surfrider Foundation. Surfrider Fondation oeuvre à la protection et de la mise en valeur des lacs, des rivières, de l’océan, des vagues et du littoral. Cette association est présente dans 9 pays et propose aux citoyens de s’engager simplement près de chez eux.

De gauche à droite: le bateau-laboratoire du recyclage de Plastic Odyssey, les machines de Precious Plastic, la transformation de déchets en sac par Hurlu et la lampe en granulés de plastique de Koun.

 

Bien sur, vous pouvez adopter des solutions simples à mettre en place au quotidien pour limiter l’impact sur les océans et éviter par exemple:

  • les produits emballés et sur-emballés.
  • les déchets plastiques éphémères (coton tiges, bouteilles, pailles, rasoirs jetables, …).
  • les produits cosmétiques contenant des micro-billes.

 

Contre courant par Alice Trichelieu 

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