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L’abeille, reine de notre éco-système

L’abeille contribue directement ou indirectement aux trois cinquièmes de notre alimentation. Sans son action pollinisatrice, non seulement la plupart des fruits et des légumes ne pourraient pas se développer, mais les plantes ne seraient également plus disponibles pour nourrir le bétail.

Depuis octobre 2016, l’abeille est une espèce en voie de disparition. En effet, en 1995, la production française de miel atteignait 33 000 tonnes. Vingt ans plus tard, ce ne sont plus que 10 000 tonnes qui ont été récoltées lors de la récolte 2014, soit une division par 3 en 20 ans.

Albert Einstein disais que si l’abeille venait à disparaître, l’Homme ne pourrait survivre plus de 4 ans. Cependant, les scientifiques s’accordent pour dire que cela est à nuancer. On peut tout de même se demander quelles sont les causes de cette diminution. Comment pouvons-nous agir pour sauvegarder l’espèce?

En mai, l’abeille, reine de notre éco-système est mise à l’honneur dans notre série « Espèce à protéger »

L’abeille, l’insecte social

 

abeille

 

Vieille de 100 millions d’années, l’abeille vit en interdépendance avec ses congénères. Une colonie comporte environ 40 000 abeilles, essentiellement des ouvrières, plusieurs centaines de mâles et une seule reine.

La reine se distingue des ouvrières par sa taille et son poids. Nourrie à la gelée royale, elle va, dès sa naissance, se débarrasser des autres reines encore dans leurs alvéoles. L’abeille est capable de se reproduire tout au long de sa vie. Elle est ensuite capable de pondre 1000 œufs par jours pendant 2 à 3 ans (contre 5 ans auparavant), avant la diminution de cette cadence au fil de son vieillissement.

Les ouvrières sont plus petites. Elles produisent la gelée royale et réalisent différentes tâches. Leurs antennes leur permettent de communiquer entre elles, de s’orienter dans la ruche, de reconnaître des parfums, des vibrations et les variations de la météo. Polyvalentes, ces abeilles nourrissent la reine de gelée royale, butinent, élaborent la cire et fabriquent les rayons aux cellules hexagonales caractéristiques. Elles ventilent la ruche, assurent son nettoyage et défendent la colonie.

Les mâles, quant à eux, sont plus gros que les ouvrières et ne piquent pas. Leur rôle principal consiste à féconder la reine lors du vol nuptial, ce à quoi ils ne survivent pas.

Essentielle à l’échelle mondiale

 

abeille

 

On peut retrouver des abeilles aux quatre coins du monde. Au moins 20 000 espèces d’abeilles sont répertoriées sur la planète dont environ 2 000 en Europe et près de 1 000 en France. En Europe, l’espèce la plus connue est l’Apis mellifera ou abeille d’Europe.

Les abeilles sont des insectes pollinisateurs; elles transportent le pollen (élément mâle) des fleurs qu’elles butinent sur le pistil d’autres fleurs (éléments femelle), ce qui permet la fécondation et la reproduction des espèces végétales. Une étude de l’INRA et du CNRS démontre que 35 % de la production mondiale de nourriture est directement dépendante des pollinisateurs.

Ce sont également les matériaux que nous utilisons au quotidien qui seraient plus difficiles à produire et donc plus chers: certains bois, bambou, coton, lin… Ils sont également issus de l’activité des abeilles.

Le déclin de l’abeille est vérifié scientifiquement. Le signal d’alarme a été donné par l’abeille domestique, qui perd environ 20 à 30 % de ses colonies chaque année, que les apiculteurs doivent reconstituer dans beaucoup de pays européens.

Les écologistes, mais aussi les scientifiques, en sont certains: les pollinisateurs sont un maillon indispensable à l’équilibre de nos écosystèmes. Sans abeilles, nos écosystèmes, et donc nos sociétés humaines qui dépendent des écosystèmes, seraient complètement déstabilisés, notamment du point de vue alimentaire.

Pas d’abeilles, pas d’agriculture, pas d’alimentation. Un monde sans abeille n’est pas viable.

Menacée par l’activité humaine

 

abeille

 

L’image, qui nous vient de Chine, a de quoi choquer: les « femmes abeilles », debout sur les branches des pommiers, pollinisent une à une les fleurs au pinceau, du fait du manque de pollen compatible et de l’absence d’insectes pollinisateurs. Voilà à quoi ressemblerait un monde sans pollinisateurs, sans abeilles.

En France, depuis au moins dix ans, autour de 25% des colonies ne passent pas l’hiver, alors que le taux normal devrait se situer au dessous de 10%.

Modification de leur environnement :

Dans certaines régions, les abeilles meurent de faim car les monocultures ne leur fournissent pas assez de nourriture. La nature propose pourtant des milliers de végétaux ronces, fleurs sauvages, pissenlits, orties, sureau, noisetier, acacia, érable, etc. dont certains sont jugés indésirables par les agriculteurs ou jardiniers. Les haies et les jardins disparaissent du paysage, certaines exploitations couvrent des hectares de monoculture, et certains jardins de particuliers ressemblent à des greens de golf toxiques et gourmands en eau, faisant fuir les abeilles.

 

Pollution par les pesticides :

L’arrivée des insecticides néonicotinoïdes dans les années 90 a coïncidé avec la mortalité massive d’abeilles. Présents même en petite quantité dans le nectar des fleurs, ces produits neurotoxiques provoquent, selon leur concentration, des phénomènes de désorientation des abeilles, de paralysie ou de mort. A proximité de champs traités, la mortalité d’abeilles peut aller jusqu’à 65% des colonies.

L’arrivée du frelon asiatique :

Arrivé accidentellement en 2004, vraisemblablement dans un lot de poteries en provenance de Chine, le frelon asiatique est un redoutable prédateur d’abeilles. En effet, il est capable de décimer une colonie de plusieurs dizaines de milliers d’abeilles en quelques jours.

D’autres menaces sont dangereuses pour les abeilles, comme le changement climatique, la déforestation ou encore le développement des réseaux 4G.

Sans abeilles, c’est toute la diversité de notre alimentation qui est menacée. Le coût économique lié à la disparition des abeilles est ainsi estimé à 137 milliards d’euros par an, et encore ne s’agit là que des conséquences directes liées aux baisses des rendements agricoles, et non des conséquences indirectes liées à la baisse de la qualité et de la diversité de notre alimentation.

Protection, comment agir?

 

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Il existe de nombreux moyens accessibles à tous pour protéger les abeilles. Vous pouvez devenir membre d’une association protégeant les abeilles, il en existent de nombreuses ( Terre d’Abeilles, l’Association Mécènes et Parrains d’abeilles, Maksika). En plus, certaines vous propose de parrainer une ruche, ce qui vous permettra d’avoir votre propre miel! Vous pouvez également cultiver un jardin accueillant pour les abeilles, avec des fleurs riches en pollen, et sans pesticides !

« Mangez du miel! »

Si vous souhaitez participer à la sauvegarde des abeilles, manger bio, de saison et local est une bonne solution. En consommant du miel local, vous soutiendrez les apiculteurs de votre région, leur permettant ainsi de développer leur production. De nombreuses petites structures proches de chez vous peuvent vous fournir ce précieux nectar. Découvrez le miel 100% Sud-Ouest produit avec amour par les ouvrières de L’Essaim de la Reine.

 

Enfin, vous pouvez utiliser des poules pour chasser les frelons asiatiques. En effet, ces dernières traquent les frelons, et les gobent!

 

Le monde scientifique se mobilise pour régler le problème de pollinisation. Des chercheurs japonais de l’AIST ont créé en 2017 un drone reproduisant le travail des abeilles. Ce drone télécommandé est recouvert de trois millions de poils de cheval enduits d’un gel ionique (c’est-à-dire chargé électriquement) qui capture le pollen sur une fleur avant d’aller le déposer sur les pistils d’une autre.
Cette solution court-termiste ne peut et ne pourra remplacer les abeilles. Il faut surtout s’attacher à les protéger afin qu’elle perpétuent leur mission de pollinisateur naturel, efficace et sans intervention humaine.

 

Anecdote

 

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Le miel a été utilisé lors de la première et de la seconde guerre mondiale comme aide à la cicatrisation pour les blessures des soldats. Il possède parmi ses bienfaits des vertus cicatrisantes.

 

Passionnée des animaux domestiques et sauvages, sensible aux questions environnementales et à la protection de notre planète, l’équipe de Nidoo vous présente chaque mois une espèce en voie de disparition à protéger.

A retrouver sur le blog de Nidoo.

Illustration par Alice Trichelieu