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Ecolo, à la vie à la mort?

Après la mort, la solution pour le devenir du corps est envisagée de façons différentes selon les pays, les religions ou encore les convictions de chacun.

En France, 587.000 personnes décèdent par an. L’explosion démographique et la raréfaction des terrains ont un impact sur l’environnement et obligent à requestionner nos pratiques traditionnelles. L’inhumation et la crémation sont remises en question et de nouvelles solutions moins energivores arrivent sur le marché.

Alors, Comment rester écolo après notre dernier souffle?

L’inhumation, de nouveaux matériaux responsables 

Il faut en moyenne, 1m3 de bois pour construire six cercueils. C’est au total, 100.000 stères de bois, qui sont, chaque année enterrés ou incinérés chaque en France. De nouveaux matériaux font peu à peu leur apparition, proposant des alternatives au bois, plus écologiques et respectueuses de l’environnement.

Des cercueils en carton fabriqués en France

Ce cercueil homologué depuis 2016 peut supporter jusqu’à 250 kilos, il est fabriqué en Alsace et  ne contient aucun produit toxique ni biocides. Sa colle est faite d’amidon de maïs et donc non polluante.

Outre ce processus de fabrication respectueux de l’environnement, les clients sont également séduits par les prix nettement plus accessibles que ceux présents sur le marché et la possibilité de personnaliser le cercueil avec des photos ou des messages écris.

Si les cercueils en carton se banalisaient, ils permettrait de préserver 30 000 km2 de forêt, 6 millions de mètres cubes d’eau et 315 millions de litres de fioul, d’après les chiffres de la société Ecocerc.

Des cercueils en rotin respectueux de l’environnement

 

Outre-Manche, c’est un autre matériaux que propose EcoCoffin, concepteur de cercueils 100% respectueux de l’environnement. Ces cercueils sont tissés et fabriqués à la main à partir de rotin durable et naturel. Le cadre est en bois de manguier provenant d’arbres qui ne sont plus viables pour la production de fruits.

Une apparence plus douce et un cercueil 100% biodégradable une fois mis en terre.

 

La crémation et une seconde vie végétale

 

La crémation concerne aujourd’hui un tiers des décès, et est en constante augmentation.  Urna Bios,  propose une urne funéraire conçue pour recueillir les cendres d’humain. Conçue en cellulose moulée, elle contient des graines que l’on plante à la surface de cette dernière pour donner naissance à un arbre en mémoire du défunt.

En Anjou, Les Arbres de Mémoire est une alternative au columbarium classique. Les cendres sont déposées au pied d’un arbre choisit par la famille et qui porte le nom du de l’être aimé. Ce jardin offre un lieu de recueillement et une approche unique en France.

Ces solutions offrent une seconde vie végétale et favorisent un recueillement plus doux et poétique.

 

Des cimetières écologiques

 

Les cimetières classiques ont un impact fort sur l’environnement. Cela est dû aux stèles, à l’utilisation de pesticides et à l’eau utilisée pour l’entretien du terrain.

A Niort, en France est né en 2014 le premier cimetière naturel de Souché qui compte quelques sépultures. Cette alternative au marbre et aux caveaux en bétons rend le lieu agréable dans lequel les visiteurs se sentent comme dans un parc « Les gens se promènent, jouent, pique-niquent dans ces espaces qui sont verts et boisés. » explique Ève-Marie Ferrer, paysagiste à la direction des espaces publics de Niort. Un hôtel à insectes a même été installé, attirant les pollinisateurs et favorisant la richesse de l’écosystème.

Ici, pas de caveaux ni de plaques commémoratives. Les cercueils sont enterrés en pleine terre et sont obligatoirement biodégradables. S’ils sont en bois, celui-ci doit être issu d’une forêt française et non-traité. Quant aux corps, il est recommandé de les habiller uniquement avec des fibres naturelles. Seule une pierre en calcaire de la région fait office de mémorial pour l’identification de la personne est admise. Pour la crémation, les urnes doivent être constituées de matériaux biodégradables et un espace de dispersion des cendres est également dédié aux familles.

 

Et hors de nos frontières?

 

Les australiens sont sensibles à ces pratiques et se préoccupent de leur emprunte écologique même après leur passage sur terre. Dans la banlieue de Sydney se trouve un cimetière environnemental. Ici même principe, les défunts sont vêtus de vêtements biodégradables et le cercueil doit être en osier ou en pin non traité. Dépourvu de pierre tombale, l’emplacement est signalé par une balise GPS grâce à un émetteur positionné dans le cercueil  pour que les proches retrouvent le lieu exact. Cet espace dédié est une concession allant jusqu’à dix ans.

On retrouve aussi ce type de cimetières aux Etats-Unis qui dénombre plus d’une trentaine d’espaces ou encore en Angleterre ou plus de 270 structures du même genre ont vu le jour. Ces établissements connaissent un vrai succès également en Autriche, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Scandinavie.

 

 

Vous l’aurez compris, être écolo ne dévalorise en aucun cas le respect que nous portons aux défunts. C’est un comportement responsable et la continuité des pratiques écologiques qui respectent la volonté de l’individu décédé et qui permettent aux familles d’appréhender la fin de vie de manière douce et sensible.

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