Facebooktwitter

L’ours polaire, le maître du Grand Nord

La scène est lente et accablante. Sur la vidéo publiée en Décembre dernier et devenue virale sur les réseaux, nous sommes témoins de la longue agonie d’un ours polaire famélique qui lutte pour se nourrir et se déplacer. Symbole iconique d’une espèce puissante et vigoureuse, les derniers instants de la vie de cet ursidé nous serrent le coeur. Cela nous rappelle aussi que cette espèce reste fragile et que sa survie dépend de son écosystème. 

Même si le lien entre l’état de cet ours et la fonte des glaces n’a pas été clairement démontré, l’équilibre de son habitat est en danger et la pérennité de son espèce en dépend. 

Ce mois-ci nous vous présentons cette espèce majestueuse et emblématique; l’ours blanc, le maître du grand Nord. 

 

Ours

La force de l’Arctique en adéquation parfaite avec son environnement

L’ours polaire, ou ours blanc, est un prédateur redoutable qui peut mesurer jusqu’à 3,5m de haut. C’est le plus grand carnivore terrestre au monde. Pour se déplacer facilement sur la glace, l’ours utilise ses larges pattes légèrement palmées qui lui permettent de parcourir d’immenses distances voire des kilomètres.

Sa couleur lui permet de se confondre au paysage de la banquise pour mieux se jouer de ses proies. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’ours polaire n’a pas le pelage blanc. Ses poils sont translucides et non pigmentés, c’est la réflexion de la lumière qui donne la couleur blanche. Sa peau quant à elle est noire ce qui lui permet de conserver au maximum la chaleur. Il supporte facilement le grand froid mais souffre dès que la température dépasse les 10°C.  Son odorat très développé lui permet de repérer les phoques cachés sous la glace. L’ours peut attendre pendant des heures posté au bord d’un trou de glace qu’un phoque remonte pour respirer. Il bondit alors sur sa proie et la saisit d’un coup de patte.

Le territoire de l’ours polaire est très étendu: Canada, États-Unis, Groenland, Norvège et Russie. La plupart des ours polaires passent toute leur vie sur la banquise, et l’espèce est parfaitement adaptée à la vie dans ce rude écosystème.

Pourtant, même si l’ours polaire est parfaitement en synergie avec son environnement, il en est aussi victime.

Ours

Le réchauffement climatique, une menace pour l’ours polaire… 

« L’ours de la mer » passe sa vie sur cette mer de glace qui est son lieu de chasse, de repos et de reproduction. Aussi fort que vulnérable, les changements que subissent son environnement sont une menace pour sa survie. L’ours polaire est incapable de vivre dans d’autres conditions.

Le réchauffement climatique provoque la réduction de la superficie de la banquise d’été et l’épaisseur des glaces en hiver. L’espace et la période de chasse de l’ours sont réduits et il ne peut trouver de substitut au phoque assez riche en graisse sur la terre ferme. Son cycle alimentaire dépend complètement de la banquise et les scientifiques estiment qu’un individu adulte a besoin de 50 à 60 phoques par an pour survivre..

Pas de glace, pas de phoques, pas d’ours.

D’après les scientifiques la cause principale de mortalité chez les oursons est le manque de nourriture et notamment un lait trop pauvre en graisse. A cela s’ajoute des cas de cannibalisme des grands mâles qui peuvent s’attaquer aux oursons en période de disette. Le jeûne de l’ours s’allonge et son état de santé se dégrade. Cela peut influencer les taux de reproduction. A cela s’ajoute la diminution de la banquise et les îlots qui peuvent dériver au gré des vents et courants et emporter les animaux en pleine mer. Ils s’épuisent alors à nager pour retrouver une terre plus ferme.

 

OursL’île Wrangel est située dans la mer des Tchouktches dans le nord-est de la Sibérie. Les ours polaires s’y reposent après la fonte des glaces et avant de pouvoir repartir à la chasse aux phoques. Sur cette photo, des ours polaires sont rassemblés au bord de l’eau pour dépecer la carcasse d’une baleine échouée. Ils sont de plus en plus nombreux à se rendre sur l’île Wrangel et y passent aujourd’hui en moyenne un mois de plus qu’il y a 20 ans en raison de la fonte des glaces. Cette photo illustre les conséquences du réchauffement, qui transforme l’habitat naturel des animaux, accroît la concurrence pour la nourriture et les rapproche des zones habitées.

 

Si l’ours polaire disparaissait de la Terre…

Dans une étude réalisée en 2015, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classait le changement climatique comme la menace la plus importante pour les 26 000 ours polaires du monde. Les chercheurs estimaient comme « hautement probable » une diminution de 30 % de la population d’Ursus maritimus d’ici à 2050.

En 2017 la banquise arctique occupait à son minimum estival une superficie de 4,6 millions de km carrés contre 6,05 millions en 1995.

Outre cette espèce iconique que nous perdrions si l’ours disparaissait, nous faisons tous partie d’une chaîne alimentaire qui ne doit pas être rompue. Chacun des maillons de cette chaîne fournit une part d’équilibre qui protège la terre. Prédateur à la tête de la chaîne alimentaire, l’ours est indispensable à la faune du grand Nord. Pour exemple, en hiver, l’ours blanc ne consomme que la peau et la graisse de sa proie. Le reste de la carcasse profite à des animaux comme le renard polaire, auquel il assure ainsi la subsistance.

Ours

Ils protègent l’ours polaire

WWF

« Nous nous engageons en faveur de la création d’espaces protégés pour préserver l’ours blanc et son habitat : identifier et protéger les zones clés de l’habitat des ours polaires et plaider pour leur protection. Nous soutenons différents projets de recherche au profit de l’ours polaire afin d’optimiser les actions de conservation relatives à l’espèce et nous engageons contre les dangers provoqués par l’exploitation du pétrole et du gaz et la navigation en Arctique. Enfin, nous travaillons avec les communautés locales pour prévenir les conflits entre les ours blancs et les humains et créer ensemble des opportunités de développement durable. »
Pour en savoir plus sur l’action du WWF-Canada pour assurer la sécurité des gens et des ours. 

 

Laura de Nidoo

 

Passionnée des animaux domestiques et sauvages, sensible aux questions environnementales et à la protection de notre planète, l’équipe de Nidoo vous présente chaque mois une espèce en voie de disparition à protéger. A retrouver sur le blog de Nidoo.

Illustration par Alice Trichelieu 

Ours